Samedi 9 juin : VIZZAVONE- L’ONDALever à 5 h 30. Il fait très beau. Les choses sérieuses commencent dès ce matin avec un dénivelé de 1100 m. Nous prenons un vrai petit déjeuner avec du pain, beurre et confiture et partons à 6 h 35.
Nous n’avançons pas, l’étape et le dîner d’hier se font sentir, la montée est rude ! Nous arrivons au col de la crête de Muratellu à 10 h 15, admirons le paysage magnifique une fois de plus, et descendons au refuge de l’Onda ou nous arrivons à 11 h 15. Quelle surprise ce refuge ou il n’y a pas de gardien, pas de douche et les toilettes fermées avec des sacs poubelles de détritus empilés près de la porte ! Si nous n’étions pas fatigués nous continuerions sur Petra Piana mais il vaut mieux garder des forces et nous n’en avons pas vraiment l’envie.
L’après midi se passe tranquillement à paresser au soleil, c’est très calme car la majorité des randonneurs continuent leur chemin en voyant l’état du refuge.
Une bande de jeunes arrivés tard font du bruit et nous comprendrons au petit matin en trouvant les cadavres de bouteilles de pastis et vin rouge.
Dimanche 10 juin : L’ONDA-PETRA-PIANA
Lever à 6 h 10 et départ à 6 h 40.
Nous arrivons aux bergeries de Tolla à 7 h 45 et prenons un petit déjeuner au lait de chèvre frais et confiture maison, quel régal ! Nous en profitons pour acheter du fromage et repartons vers le refuge à 8 h 30. Le temps change et il pleut pour la première fois depuis notre départ de Conca, mais cela ne dure pas. Nous arrivons à Petra-Piana à 11 h 00 en même temps qu’un groupe emmené par un guide dont nous avons fait la connaissance à Vizzavone. Celui ci me donne des conpeed et me montre la manière efficace de mettre de l’élasto pour que les pansements restent en place.
Le temps se gâte avec du vent et de la pluie. Je discute avec Marie la gardienne qui attendait l’hélico qui ne peut se poser à cause du vent. Elle est sympa.
L’après midi se passe gentiment à discuter avec les autres randonneurs et nous nous couchons de bonne heure(20 h 00)après avoir reçu un appel des filles qui sont à Calvi et qui trouvent que le sac à dos dans le coffre de la voiture ce n’est pas mal du tout !
Dans la nuit le vent prend de la vigueur et fait craquer les murs en bois du refuge.
Lundi 11 juin :
Réveil à 6 h 00 dans le brouillard et le vent ne s’est pas calmé. L’ambiance est morose et personne n’est pressé ce matin
Heureusement que nous avons de l’avance et nous décidons de rester. Eric reste couché et je discute avec tous ceux qui viennent prendre leur petit déjeuner. Nous sommes les seuls à faire le sens sud-nord et le refuge se vide peu à peu. Nous apprenons qu’une tente s’est envolée dans la nuit.
Nous dormons jusqu’à 11 h30 et l’arrivée des premiers randonneurs
Le temps s’améliore un peu et dans l’après midi je vais faire un tour en contrebas du refuge et trouve un cadavre de vache qui s’est brisée la colonne vertébrale et je ramène le crâne au refuge et le pend à gauche de la porte d’entrée comme dans un ranch(peut-être y est-il encore ?)
Le temps ne passe pas et le vent est toujours aussi froid, vivement demain.
Mardi 12 juin : PETRA-PIANA _ Col di VERGIO
Lever à 5 h 10 et départ à 5 h 50. Il fait beau et la journée de repos nous a fait du bien. Nous avons un bon rythme et rencontrons le premier névé à 6 h 20 puis passons la brèche de Capitellu à 8 H20.
Nous décidons de poursuivre vers le col di Vergio quand nous atteignons le refuge de Manganu à 9 h 25 et ne nous arrêtons pas mais poussons jusqu’à la bergerie de Vaccaghia ou nous achetons un brocciu(fromage de brebis) fait la veille. Le berger n’est pas vraiment bavard. Nous restons là pour casser la croûte, c’est très bon ce fromage frais ! Il manque un coup de rouge mais nous n’osons pas en demander au berger vu l’accueil réservé.
Nous repartons et arrivons au col di vergio à 13 h 30 après avoir fait un arrêt à la source située au lac Nino.
Nous sommes un peu déçus de cette double étape, surtout de la première partie dont on nous avait tant parlé !! De manganu à Vergio rien de passionnant si ce n’est les pozzines et le lac Nino.
Nous prenons un pot au bar et je ne puis résister au fait d’acheter une glace et un snickers.
Nous faisons notre lessive et prenons une douche bien chaude avant de faire la sieste.
Le dîner est très copieux et nous nous refaisons une petite santé.
Mercredi 13 juin : Col di VERGIO – TIGHJETTU
Nous sommes réveillés à 5 h 30 et prenons le temps pour le petit déj. Nous partons à 7 h 30. Je suis obligé de refaire un trou à ma ceinture, c’est le troisième !
A 10 h 00 nous laissons nos sacs au refuge de Ciottulu i mori et entreprenons l’ascension du Capu tafunatu. Nous abandonnons en chemin car le temps se couvre et nous ne sentons pas trop la partie d’escalade.
Nous repartons et faisons la pause vers 12 h 30 près d’un torrent ou Eric décide de se baigner mais l’eau est glaciale. Nous arrivons au refuge de Tighjettu à 14 h 40 après avoir acheté du saucisson et du fromage aux bergeries de Ballone.
Il était temps d’arriver car une demi-heure plus tard il n’y a plus de place. Le gardien nous apprend que le soir un mouflon vient près du refuge. Je monte le téléobjectif sur l’appareil photo et scrute la montagne. Nous avons la chance de voir un couple de Gypaètes barbus, les gardiens sont contents car c’est la première fois qu’ils les voient.
Un couple Germano-Anglais rencontré depuis plusieurs étapes arrive et la femme me dit qu’ils nous surnomment : »The flying french men » car nous les avons doublés plusieurs fois déjà.
Le refuge est très bien et le gardien à l’œil sur tout, c’est le mieux agencé de tous pour le moment.
Le mouflon arrive vers 19 h 00 et je prends des photos. Vers 21 h 30 un hélico de la sécurité civile atterri car ils recherchent un randonneur anglais égaré.
Jeudi 14 juin : Lever à 5 h00. Le temps est couvert mais nous partons quand même à 5 h 50.
Mais au bout d’une heure de montée nous décidons de faire demi-tour car il y a du vent, il fait froid et le brouillard descend.
Nous faisons la sieste jusqu’à 11 h 00 et l’arrivée des premiers randonneurs qui nous confortent dans notre décision.
Nous descendons aux bergeries de ballone pour manger une omelette qui est tellement bonne que nous en prenons une deuxième !
Le temps se dégage et il fait beau, et j’espère qu’il en sera de même pour demain.
Vendredi 15 juin : TIGHJETTU – CARROZZU
Lever à 5 h 00 et départ à 5h 40. Nous atteignons la Bocca Minuta à 6 h 40 et surplombons ce fameux cirque de la solitude que nous sommes les premiers à franchir et arrivons de l’autre côté à 8 h 00 en même temps que les premiers qui arrivent dans l’autre sens. J’imagine la pagaille en plein été !!
Une heure de descente et nous prenons le petit déjeuner au gîte d’Asco.
Nous sommes un peu déçus par le cirque, heureusement que nous avons vu des mouflons avec leurs petits car niveau émotion, zéro ! Nous pensions avoir un peu plus d’escalade, surtout Eric.
Nous repartons d’Asco à 9 h 45 et la montée vers la Bocca di Stagnu nous paraît bien longue sous le soleil, c’est dur de relancer la mécanique.
Dans la descente vers Carrozzu nous doublons le groupe accompagné du guide et le couple Germano-anglais qui pique nique sous la passerelle de Spasimata. Arrivée au refuge à 12 h 35.
Casse croûte sympa sur la terrasse. Les prix affichés nous paraissent excessifs(45 F l’omelette contre 30 à Ballone, 10 F la part de gâteau toute petite et 15 F la tablette de chocolat !)
La douche est plus que rudimentaire, un simple tuyau derrière un rocher sans aucune intimité, cela rebute certains. L’eau est glaciale mais que c’est bon sous cette chaleur !
Nous attendons le coucher de soleil sur la baie de Calvi en compagnie du couple Germano-anglais et décidons de ne pas mettre de réveil demain, cela sent la fin.
Samedi 16 juin : CARROZZU- ORTU di U PIOBBU
Lever à 6 h 00 et nous prenons notre temps pour partir tranquillement à 7 h 05.
La montée est pénible avec des passages en dos d’âne « casse-pattes » le reste du parcours se passe gentiment et nous arrivons au refuge à 11 h 00. Nous pourrions finir le GR dans la foulée mais je crois que nous avons envie d’en profiter encore et passons le reste de la journée à bronzer en regardant les arrivants dont c’est la première étape et sourions à l’écoute de leurs impressions. Nous étions pareils il y a 15 jours.
J’en profite pour enlever les pansements qui tiennent depuis Petra piana et me soigne. Le conpeed a fait effet.
Nous dînons une assiette de charcuterie et finissons le dernier sachet de soupe lyophilisée.
J’attends le coucher de soleil et Eric ronfle comme un bienheureux lorsque je vais me coucher.
Dimanche 17 juin : ORTU di U PIOBBU – CALENZANA
Record battu, dans le dortoir il y a des élèves officiers qui réveillent tout le monde à 4 h 30 !
Du coup nous partons à 5 h 25 à la fraîche et je croise le premier randonneur qui monte vers le refuge à 6 h 30, il a du partir très tôt pour être déjà ici !
En chemin nous croisons beaucoup de monde, il va y avoir foule sur le GR cette semaine !
Nous arrivons à Calenzana à 8 h 25 et prenons une photo devant le panneau du GR.
Nous prenons un super petit déjeuner au bar devant l’église ou nous avons un bon accueil et partons en stop pour Calvi. Cela ne marche qu’a quelques kilomètres de la ville et Eric en a marre.
Nous avons un peu de difficulté a à trouver un hôtel, cela tient sans doute à notre allure, mal rasés, la mine fatiguée et les sacs à dos, mais nous trouvons quand même. Nous prenons une bonne douche et je vais me promener sur le port et tombe nez à nez avec le couple germano-anglais qui vient d’arriver en taxi et prend le ferry le soir même.